Guillaume Lecallier effectuait cette année sa première saison sur le circuit PRO,

Comme de plus en plus de GA performants (pour mémoire, 62ème scratch à Kona en 2015, 9ème à Embrun en 2016 entre autres), Guillaume a décidé de franchir le pas et prit sa licence PRO en début d'année.

Depuis, avec une 9ème place à Lanzarote et une 13ème place à Roth (en 8h29), plus de doute, sa place est bien dans le "grand bain"

Et les projets sportifs sont maintenant définis pour les deux ans à venir...

L'occasion pour lui de revenir sur cette saison écoulée

 

JO : Ton passé sportif et ton arrivée dans la triathlon …

 

Guillaume : Mes premiers sports ont été le tennis et le rugby, mais, entrainé par mes frères, je me lance dans l’athlétisme (3000m, 5000m et cross) en entrant au lycée. Après 3-4 ans d’entrainement dans un bon groupe au club du Chesnay 78, je mets le sport un peu de côté pour me consacrer à mes études d’ingénieur. Et lorsque l’envie de m’entrainer revient, je préfère varier les plaisirs avec des raids aventures, la découverte du cyclisme à Longchamp, puis en 2011 je découvre le duathlon au club de Versailles Triathlon. Naturellement un an plus tard je m’essaye au triple effort au Triathlon du Roi avec déjà en tête l’idée de participer à l’Embrunman 2013, course qui m’avait ébahi un été lors de vacances dans la région, alors que je ne connaissais rien au triathlon à l’époque. Ma surprenante bonne performance (11h50, 56ème) pour une première expérience sur un format long (je n’avais dans les jambes qu’un CD et un semi-marathon avant ça) me fait comprendre que j’aurai plus de chance de m’épanouir sur format long.

 

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JO : Ton attache avec l'Asie…

 

Guillaume : En février 2013, je pars pour la Chine pour mon stage de fin d’étude. Je pense alors faire une croix sur l’objectif de l’Embrunman que je m’étais fixé 6 mois plus tard, car l’image que j’avais de Shanghai ne me laissait pas penser que je pourrais m’y entrainer suffisamment pour finir une telle épreuve avec le peu d’expérience que j’avais. Mais à ma grande surprise, ce passage en Chine va en fait me plonger réellement dans le triathlon (jusque-là je me considérais plutôt comme un coureur qui essayait de nouvelles expériences). A cette époque, le triathlon n’existait en Chine que depuis 5 ans. Mais dans ce pays les choses bougent très vite dans des proportions inimaginables en Europe. Le soutien du gouvernement et l’investissement massif des marques qui voient dans cet immense marché une opportunité de croissance énorme, font que de nombreuses courses s’y développent. Dans ce contexte avec un niveau sportif encore faible, mes qualités en course à pied me permettent de remporter les 2 premiers triathlons auxquels j’ai participé. S’en est alors suivi une spirale positive un peu folle. Des marques se sont mises à me sponsoriser et j’étais invité à participer à des courses ce qui décuplait mon investissement et ma motivation à l’entrainement. Même si le niveau sportif progressait en Chine d’année en année, je commençais à me construire un niveau cycliste convenable pour épauler ma course à pied, et même si ma natation restait médiocre, je remportais la plupart des courses Groupes d’Age auxquelles je participais, y compris l’IM 70.3 et l’Ironman de Taiwan. Je garde de cette expérience une notoriété conséquente en Chine que j’essaye d’entretenir en programmant régulièrement des courses là-bas.

 

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JO : Ton envie de concourir chez les PRO

 

Guillaume : Tout d’abord, ayant fait mon « éclosion » dans le triathlon en Chine, je ne connaissais pas vraiment la communauté triathlétique française, ni ses meilleurs GA, et à vrai dire, personne ne me connaissait non plus… Je n’avais donc pas vraiment de besoin de reconnaissance de cette communauté que je connaissais mal. De plus je ne me suis toujours intéressé aux classements généraux des courses, plutôt qu’au classement GA. Mon objectif, course après course, a toujours été de réduire l’écart avec les meilleurs. Aussi devenir sportif professionnel (quelque soit le sport) a toujours été un doux rêve de gamin que je n’osais même pas envisager avant 2015 (et mes bons résultats aux mondiaux 70.3 et IM). ca a donc été très euphorisant cette année de me lancer avec le top niveau mondial à Lanzarote et Roth.

 

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JO :  L’organisation de tes entrainements autour de ton emploi à temps plein chez Renault

 

Guillaume : Après avoir testé plusieurs schémas, Jo et moi avons rapidement trouvé une formule d’entrainement qui me convient et qui s’adapte bien à mon emploi du temps chez Renault. Nous fonctionnons généralement par blocs de 4 semaines avec 3 semaines progressives en terme de volume et intensité, suivis d’une semaine de récup’. Lors de mes blocs, mes semaines tournent en moyenne autour des 18h d’entrainement (certains gros blocs vont jusqu’à 22h) et mes semaines de récup environ 10h. Je nage généralement le matin avant le boulot et j’essaye de caser 1 ou 2 séances à pieds la semaine sur ma pause déjeuner, afin d’avoir le plus souvent possible des soirées libres d’entrainement. Forcément pour placer tout ce volume, je fais souvent des weekends à 8h d’entrainement (voire 10h sur certaines périodes). Le lundi est traditionnellement jour de repos complet pour récupérer de tout ça !

 

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JO : Ton regard sur ton entrainement

 

Guillaume : Pour moi, une saison doit se démarrer frais physiquement et mentalement. A la fin d’une saison je fais donc toujours une coupure de 2 semaines à un mois, lors de laquelle j’accepte de régresser et de prendre quelques kilos. Cela me permet de repartir avec la motivation gonflée à bloc ; et ce qui a été perdu (ou gagné pour les kilos) est vite récupéré.

L’hiver dernier j’ai donc coupé complétement pendant 3 semaines après ma dernière compétition. Ensuite, afin de passer un cap dans cette discipline j’ai choisi de reprendre uniquement la natation pendant 2 mois et demi (à l’exception de quelques footing et sorties VTT pour le fun). Je nageais alors 6 à 8 fois par semaines, ce qui m’a permis de gros progrès et de pouvoir accrocher quelques pieds en PRO cette année, même si il y a encore du travail à effectuer dans ce domaine.

Début 2017, j’ai repris un entrainement plus classique qui m’a amené en forme pour le début de la saison en Avril. Fin juillet, après déjà 2 halfs et 2 fulls d’effectués, et un capital fraicheur bien entamé, j’ai pris une coupure de 3 semaines, ce qui était parfait pour profiter de mes vacances sans avoir à trimbaler un vélo. Enfin, un dernier gros bloc de 4 semaines démarré fin août m’a permis de rapidement retrouver la forme pour mes 2 dernières compétitions en Chine.

Cette organisation de l’année, m’ai vraiment plu, et je compte me lancer vers un schéma similaire pour 2018.

 

JO :  Retour sur tes courses

 

Guillaume : Sans tenir compte de mes performances, je suis très content de ma saison car tous les triathlons auxquels j’ai participé ont été de très belles courses bien organisées, et j’étais à chaque fois bien accompagnés par des amis. J’apprécie particulièrement de courir en Chine, toujours une très bonne ambiance et des petites anecdotes extravagantes liées à la différence culturelle qui font de bons souvenirs. J’ai aussi adoré Lanzarote pour son parcours et son côté mythique, même si la logistique pour se rendre à la course n’est pas simple. Roth était juste incroyable à cause du public massif et super motivé, sa réputation n’est pas du tout usurpée. Enfin mon petit coup de cœur est pour Challenge Iceland, un cadre magnifique, une ambiance très familiale, mais il faut aimer le froid !

Mon coup de gueule va à l’Ironman 70.3 de Chongqing, pour lequel je m’étais entrainé vraiment dur, et qui a été annulé seulement une semaine avant le départ par les autorités locales… C’est la grosse déception de la saison.

 

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JO : Ce que tu penses pouvoir encore améliorer et tes perspectives à venir

 

Guillaume : J’espère pouvoir m’améliorer dans les 3 disciplines !

En natation, j’ai franchi un gros cap l’hiver dernier, la difficulté va être de renouveler cet effort (c’est toujours plus facile la première fois) pour encore gagner 2-3 min sur IM.

A vélo, depuis le début de ma collaboration avec Jo, je progresse de manière régulière, j’espère que ça va durer.

Puis en course à pied, après 2 ans à trainer une blessure au genou, j’ai réalisé une saison quasiment sans blessure, ce qui m’a permis de nets progrès. Ma priorité va donc être de continuer à rester en bonne santé, et les chronos devraient continuer à baisser.

Enfin, après 7 courses format Ironman depuis 2013, je commence à avoir de l’expérience et je sais désormais gérer mes courses de manière plutôt satisfaisante. Le progrès passera donc par un gain de vitesse. C’est pourquoi dans un premier temps en 2018, je me consacrerai à des formats Half pour apprendre à produire des intensités plus élevées, et j’essaierai de transférer cette vitesse sur Ironman plus tard dans la saison, avec probablement l’Ironman de Nice et un (ou 2) autres IM encore à définir.

 

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JO : La dédicace :)

 

Guillaume : En Octobre 2015 après 4 mois de collaboration avec Jo j’écrivais dans mon CR de Kona :

"Jo tient bien sûr une immense part dans ces bons résultats et si je devais décrire ce qui fait la force de son coaching voici les points que je voudrais mettre en avant:

-       son plan d’entrainement est très intelligent : il nous pousse parfois dans nos retranchements mais ne nous épuise pas lorsque c’est inutile.

-       Jo analyse, adapte et personnalise les séances en fonction des forces, de la forme et des contraintes de ses athlètes

-       son groupe relevé qui permet une très saine émulation

-       il est très facile de faire confiance à Jo : les résultats globaux de ses athlètes sont excellents. Il est alors très reposant mentalement d’appliquer simplement son programme sans avoir à tergiverser

-       le soutien mental et psychologique : Jo sait trouver les mots pour mettre en confiance. Il m’a fait prendre conscience de mes forces et m’a appris à être ambitieux"

 

J’avais tout compris, tout cela est encore parfaitement vrai ! Merci Jo !

Guillaume Lecallier effectuait cette année sa première saison sur le circuit PRO,  
Comme de plus en plus de GA performants (pour mémoire, 62ème scratch à Kona en 2015, 9ème à Embrun en 2016 entre autre), Guillaume a décider de franchir le pas et prit sa licence PRO en début d'année.  
Depuis, avec une 9ème place à Lanzarote et une 13ème place à Roth (en 8h29), plus de doute, sa place est bien dans le "grand bain"  
Et les projets sportifs sont maintenant défini pour les deux ans à venir...  
L'occasion pour lui de revenir sur cette saison écoulée  
   
> Présentation (ton passé sportif, tes début en triathlon, tes débuts sur la distance IM ...)  
 
Mes premiers sports ont été le tennis et le rugby, mais entrainé par mes frères, je me lance dans l’athlétisme (3000m, 5000m et cross) en entrant au lycée. Après 3-4 ans d’entrainement dans un bon groupe au club du Chesnay 78, je mets le sport un peu de côté pour me consacrer à mes études d’ingénieur. Et lorsque l’envie de m’entrainer revient, je préfère varier les plaisirs avec des raids aventures, la découverte du cyclisme à Longchamp, puis en 2011 je découvre le duathlon au club de Versailles Triathlon. Naturellement un an plus tard je m’essaye au triple effort au Triathlon du Roi avec déjà en tête l’idée de participer à l’Embrunman 2013, course qui m’avait ébahi un été lors de vacances dans la région, alors que je ne connaissais rien au triathlon à l’époque. Ma surprenante bonne performance (11h50, 56ème) pour une première expérience sur un format long (je n’avais dans les jambes qu’un CD et un semi-marathon avant ça) me fait comprendre que j’aurai plus de chance de m’épanouir sur format long.  
 
> Ton attache avec l'Asie (étude là bas, etc... )  
 
En février 2013, je pars pour la Chine pour mon stage de fin d’étude. Je pense alors faire une croix sur l’objectif de l’Embrunman que je m’étais fixé 6 mois plus tard, car l’image que j’avais de Shanghai ne me laissait pas penser que je pourrais m’y entrainer suffisamment pour finir une telle épreuve avec le peu d’expérience que j’avais. Mais à ma grande surprise, ce passage en Chine va en fait me plonger réellement dans le triathlon (jusque-là je me considérais plutôt comme un coureur qui essayait de nouvelles expériences). A cette époque, le triathlon n’existait en Chine que depuis 5 ans. Mais dans ce pays les choses bougent très vites dans des proportions inimaginables en Europe. Le soutien du gouvernement et l’investissement massif des marques qui voient dans cet immense marché une opportunité de croissance énorme, font que de nombreuses courses s’y développent. Dans ce contexte avec un niveau sportif encore faible, mes qualités en course à pied me permettent de remporter les 2 premiers triathlons auxquels j’ai participé. S’en est alors suivi une spirale positive un peu folle. Des marques se sont mises à me sponsoriser et j’étais invité à participer à des courses ce qui décuplait mon investissement et ma motivation à l’entrainement. Même si le niveau sportif progressait en Chine d’année en année, je commençais à me construire un niveau cycliste convenable pour épauler ma course à pied, et même si ma natation restait médiocre, je remportais la plupart des courses Groupes d’Age auxquelles je participais, y compris l’IM 70.3 et l’Ironman de Taiwan. Je garde de cette expérience une notoriété conséquente en Chine que j’essaye d’entretenir en programmant régulièrement des courses là-bas.  
 
> Pourquoi tu as passé le pas d'aller chez les PRO et pas devenir une "star en GA"  
 
Tout d’abord, ayant fait mon « éclosion » dans le triathlon en Chine, je ne connaissais pas vraiment la communauté triathlétique française, ni ses « star en GA », et à vrai dire, personne ne me connaissait non plus… Je n’avais donc pas vraiment de besoin de reconnaissance de cette communauté que je connaissais mal. De plus je ne me suis toujours qu’intéressé aux classements généraux des courses, plutôt qu’au classement GA. Mon objectif, course après course, a toujours été de réduire l’écart avec les meileurs. Aussi devenir sportif professionnel (quelque soit le sport) a toujours été un doux rêve de gamin que je n’osais même pas envisager avant 2015 (et mes bons résultats aux mondiaux 70.3 et IM). Ca a donc été très euphorisant cette année de me lancer avec le top niveau mondial à Lanzarote et Roth.  
 
> Organisation de tes entrainement autour de ton emploi à temps plein chez Renault  
 
Après avoir testé plusieurs schémas, Jo et moi avons rapidement trouvé une formule d’entrainement qui me convient et qui s’adapte bien à mon emploi du temps chez Renault. Nous fonctionnons généralement par blocs de 4 semaines avec 3 semaines progressives en termes de volume et intensité, suivis d’une semaine de récup’. Lors de mes blocs, mes semaines tournent en moyenne autour des 18h d’entrainement (certains gros blocs vont jusqu’à 22h) et mes semaines de récup environ 10h. Je nage généralement le matin avant le boulot et j’essaye de caser 1 ou 2 séance à pied la semaine sur ma pause déjeuner, afin d’avoir le plus souvent possible des soirées libres d’entrainement. Forcément pour placer tout ce volume, je fais souvent des weekends à 8h d’entrainement (voire 10h sur certaines périodes). Le lundi est traditionnellement jour de repos complet pour récupérer de tout ça !  
 
> Organisation dans l'année de tes entrainements, la planif que tu as suivie grosso  modo comme tu l'as vécue (priorité nata l'hiver, accpeter les périodes de coupures et de relaches pour mieux enchainer les courses...)  
 
Pour moi, une saison doit se démarrer frais physiquement et mentalement. A la fin d’une saison je fais donc toujours une coupure de 2 semaines à un mois, lors de laquelle j’accepte de régresser et de prendre quelques kilos. Cela me permet de repartir avec la motivation gonflée à bloc ; et ce qui a été perdu (ou gagné pour les kilos) est vite récupéré.  
L’hiver dernier j’ai donc coupé complétement pendant 3 semaines après ma dernière compétition. Ensuite, afin de passer un cap dans cette discipline j’ai choisi de reprendre uniquement la natation pendant 2 mois et demi (à l’exception de quelques footing et sorties VTT pour le fun). Je nageais alors 6 à 8 fois par semaines, ce qui m’a permis de gros progrès et de pouvoir accrocher quelques pieds en PRO cette année, même si il y a encore du travail à effectuer dans ce domaine.  
Début 2017, j’ai repris un entrainement plus classique qui m’a amené en forme pour le début de la saison en Avril. Fin juillet, après déjà 2 halfs et 2 fulls d’effectués, et un capital fraicheur bien entamé, j’ai pris une coupure de 3 semaines, ce qui était parfait pour profiter de mes vacances sans avoir à trimbaler un vélo. Enfin, un dernier gros bloc de 4 semaines démarré fin août m’a permis de rapidement retrouver la forme pour mes 2 dernières compétitions en Chine.  
Cette organisation de l’année, m’ai vraiment plu, et je compte me lancer vers un schéma similaire pour 2018.  
 
> Retour sur les courses (quelle course t'as plu, ce qui t'a marqué, etc...)  
 
Sans tenir compte de mes performances, je suis très content de ma saison car tous les triathlons auxquels j’ai participé ont été de très belles courses bien organisées, et j’étais à chaque fois bien accompagnés par des amis. J’apprécie particulièrement courir en Chine, toujours une très bonne ambiance et des petites anecdotes extravagantes liées à la différence culturelle qui font de bons souvenirs. J’ai aussi adoré Lanzarote pour son parcours et son côté mythique, même si la logistique pour se rendre à la course n’est pas simple. Roth était juste incroyable à cause du public massif et super motivé, sa réputation n’est pas du tout usurpée. Enfin mon petit coup de cœur est pour Challenge Iceland, un cadre magnifique, une ambiance très familiale, mais il faut aimer le froid !
Mon coup de gueule va à l’Ironman 70.3 de Chongqing, pour lequel je m’étais entrainé vraiment dur, et qui a été annulé seulement une semaine avant le départ par les autorités locales… C’est la grosse déception de la saison.  
 
> Ce que tu penses pouvoir encore améliorer et tes perspectives pour les deux ans à venir (si tu as envie d'en causer, pas obliger de parler publiquement du KPR 2019, ça c'est toi qui voit pas moi qui doit décider de ça ;) )  
 
J’espère pouvoir m’améliorer dans les 3 disciplines !
En natation, j’ai franchi un gros cap l’hiver dernier, la difficulté va être de renouveler cet effort (c’est toujours plus facile la première fois) pour encore gagner 2-3 min sur IM.  
A vélo, depuis le début de ma collaboration avec Jo, je progresse de manière régulière, j’espère que ça va durer.  
Puis en course à pied, après 2 ans à trainer une blessure au genou, j’ai réalisé une saison quasiment sans blessure, ce qui m’a permis de nets progrès. Ma priorité va donc être de continuer à rester en bonne santé, et les chronos devraient continuer à baisser.  
Enfin, après 7 courses format Ironman depuis 2013, je commence à avoir de l’expérience et je sais désormais gérer mes courses de manière plutôt satisfaisante. Le progrès passera donc par un gain de vitesse. C’est pourquoi dans un premier temps en 2018, je me consacrerai à des formats Half pour apprendre à produire des intensité plus élevées, et j’essayerai de transférer cette vitesse sur Ironman plus tard dans la saison, avec probablement l’Ironman de Nice et un (ou 2) autres IM encore à définir.  
 
> Partie libre !  si tu vois des trucs à rajouter ;)  
 
En Octobre 2015 après 4 mois de collaboration avec Jo j’écrivais dans mon CR de Kona :  
"Jo tient bien sûr une immense part dans ces bons résultats et si je devais décrire ce qui fait la force de son coaching voici les points que je voudrais mettre en avant:
 
 
-       son plan d’entrainement est très intelligent : il nous pousse parfois dans nos retranchements mais ne nous épuise pas lorsque c’est inutile.
-       Jo analyse, adapte et personnalise les séances en fonction des forces, de la forme et des contraintes de ses athlètes
-       son groupe relevé qui permet une très saine émulation
-       il est très facile de faire confiance à Jo : les résultats globaux de ses athlètes sont excellents. Il est alors très reposant mentalement d’appliquer simplement son programme sans avoir à tergiverser
-       le soutien mental et psychologique : Jo sait trouver les mots pour mettre en confiance. Il m’a fait prendre conscience de mes forces et m’a appris à être ambitieux"
J’avais tout compris, tout cela est encore parfaitement vrai ! Merci Jo !

 

Bonjour Yvan, alias La Jarre, il y a quelques jours tu apprenais ta qualification pour les mondes 70.3 2017 en PRO qui auront lieu à Chattanooga cette année... Racontes-nous rapidement, pour ceux qui ne connaissent pas trop, comment on obtient ce "slot" en PRO

 

En gros soit t’es une machine, soit faut réfléchir, avoir deux trois notions d’anglais et prendre le temps de lire ça :

http://eu.ironman.com/triathlon/organizations/pro-membership/qualifying/70.3-qualifying.aspx#axzz4mkIzggGE

 

Mais pour faire simple, les 50 premiers du classement sont qualifiés aux meilleurs de 5 courses sur une période de un an allant de début juillet à fin juin.

 

Je me souviens de la fin de l'année 2013, je t'ai croisé à la coupe de France des clubs, tu venais de finir 5ème de ton premier HIM en PRO au Luxembourg, après une carrière sur courte distance. Cette performance m'avait tout bonnement impressionné du haut de tes 24 ans de l'époque. Quelques semaines plus tard, on se croisait à Miami, et là tu claquais pour ton 2eme half en PRO une des plus belles performances française sur HIM avec un joli 3h48, une belle 6ème place à un peu plus de 5min d'un certain Terrenzo Bozonne... Quelques mois plus tard, nous commencions notre collaboration, j'étais pour ma part à la fois excité par le challenge et pas forcément à l'aise sur l'idée de coacher un gars de ton calibre... Raconte nous rapidement les quelques péripéties sportives qui se sont déroulées entre ces premières performances prometteuses et cette qualification enfin obtenue.

 

Ah oui on peut dire que j’ai obtenu des résultats auxquels je ne m’attendais pas et j’ai presque cru que ça allait être facile. Mais 4 mois après Miami, je me pulvérise la clavicule sur une chute à vélo… S’en suit une guérison assez compliquée, une situation extra sportive assez pesante, des études à gérer, des crevaisons sur mes deux principaux objectifs en 2015, pas mal de doutes, on peut dire que j’ai pris un joli creux de vague !

 

Pour le début de notre collaboration fin 2014, on était je pense à des points équivalents de nos développements dans nos domaines respectifs, c’est parti piano piano, on a chacun casser nos certitudes et on peut dire que depuis maintenant 1 an et demi ça tourne plutôt pas mal...

 

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Cette qualification a du te soulager .... tu apprends la nouvelle deux jours avant Edimbourg 70.3, course sur laquelle libéré tu finis sur le podium à arroser de champagne MONSIEUR Andreas Raelert :)

 

Oui c’est sur que le début de saison en étant blessé et en ne marquant pas beaucoup de points a rendu cette qualification un peu stressante alors qu’elle ne devait être qu’une simple formalité fin 2016.

Mais je me suis battu à Aix sur chaque place alors que l’envie de laisser filer était bien présente et au final, ce sont les 100 points qui me permettent de passer au premier cut et de ne pas courir avec la pression du résultat en Ecosse.

 

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Le début de la quète au PR70.3 2017 était très bien lancée avec deux courses prometteuses : à Weymouth ton premier podium en PRO et Bahrain, mais effectivement une blessure au tendon d'Achille vient perturber les deux premières courses de la saison (Aix et Luxembourg)

Une blessure est souvent un moment anxiogène pour un sportif, comment as tu géré cette période ?

 

Oui avec 820 points au ranking fin 2016 et des courses pleines sur mes deux derniers objectifs, c’était un bon palier de franchi. Mais ces résultats on été obtenus dans les deux cas en faisant de bons semi-marathon après des natations et des vélos en retrait.

L’objectif principal de ce début de saison était de progresser surtout dans l’eau et sur deux roues pour me projeter plus sur l’avant de la course. Malgré cela j’ai quand même continué ma progression à pieds et j’ai passé des séances vraiment intéressantes avant de me blesser.

Pour ce qui est de la gestion de la blessure, cela fait partie de la vie du sportif et il faut faire au mieux et ne pas trop cogiter. Même en ne courant peu j’étais quand même confiant sur ma capacité à courir correctement car je l’ai déjà fait dans le passé. Mais cela ne se passe pas comme ça sur des courses internationales qui deviennent de plus en plus denses.

 

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Tu es triathlète professionnel à temps complet depuis l'obtention de ton master Qualité Sécurité Environnement l'an passé, comment s'organise une vie de triathlète professionnel lorsque l'on habite à Rouen à l'année  

 

Je me suis installé à Rouen depuis janvier 2016 pour suivre ma copine qui travaille là bas, je n’y suis pas allé pour son climat ! Mais au final, on se plait énormément en Normandie, la région est magnifique, les gens accueillants, pas pressés et l’herbe y est verte !

 

 Pour ce qui de l’entrainement, je nage avec le club des Vikings de Rouen dans des conditions plus qu’optimales. Les entraineurs ont très bien compris et accepté nos (Arnaud chivot et moi) contraintes et ils savent que l’on doit jongler entre les différentes intensités. Ils nous soutiennent à fond dans nos projets respectifs et cela est très gratifiant. Il y a un super groupe de nageurs et beaucoup de respect mutuel, ils savent que l’on ne vient qu’une fois par jour car nous roulons et courons à côté, et nous de notre côté on sait que les gars, pour la plupart lycéens, s’envoient 7 bornes le matin, lycée toute la journée, et se reprennent 7 pitons le soir, ce qui force le respect !

 

Pour ce qui est du vélo, j’ai investi dans un bon home trainer, et j’ai pris l’habitude de toujours emmener un K-way avec moi.

 

La course à pieds manque un peu de diversité mais j’ai un bon canal qui reste quand même l’arme absolue quand on fait du long.

 

Mais globalement mes journées sont occupées entre entrainements, récupération, kiné quand la machine est enraillée, organisation de stage ou course, et toute la partie sponsoring qui prend un temps fou quand on s’en occupe à fond.

 

J’ai la chance d’être énormément épaulé par ma copine qui me soutient à fond et qui me botte le cul quand il le faut, et que je me fais submerger par une procrastination un peu trop présente.

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Petit à petit, les partenaires sont venus s'ajouter pour t'épauler notamment financièrement dans ton projet. Antoine Glikman alias Tonio La Glike, fondateur de Diploméo et athlète chez Trycoaching, t'est d'une grande aide dans le projet, parle nous de cette collaboration.

 

On peut dire que les partenariats sont d’une importance capitale dans les projets comme le mien, et sans DIPLOMEO, j’aurais tout bonnement arrêté le triathlon fin 2016… Le deal était de me donner un an après la fin de mes études pour passer un palier et débloquer la situation.

 

Le partenariat se passe super bien car Antoine fait maintenant partie intégrante de mon projet et les employés soutiennent la démarche et j’essaye de leur rendre avec mes faibles moyens.

 

Mais il y a aussi le TTC (mon club) et TRIMAX qui me sont d’une très grande aide et sans eux je ne pourrais pas vivre ce que je vis.

A chaque fois, ce qui a primé dans ces relations, bien avant le projet global ou les supposés résultats, c’est de se retrouver autour de valeurs communes et une certaine vision des relations humaines.

 

Pour terminer le panorama complet, Orca, Gu, Cervélo, Mavic à travers le Triathlon Store me fournissent du matériel de qualité, chose indispensable dans un sport ou la dimension matérielle est importante.

 

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Le public triathlétique te connait au final assez peu malgré ta valeur sportive… Je peux affirmer aujourd'hui après 3 ans à te coacher que tu as les qualités de base pour réussir : le travail ne t’effraye pas, tu es patient, persévérant, et tu sais rebondir en cas d'échec, et surtout tu adores ton métier au quotidien... Tout ceci fait partie des bases pour réussir dans un projet à long terme qu'il soit sportif ou entrepreneurial, dis-nous comment tu as appris à gérer avec les années les "moments durs".

 

Tout est une question de contexte pour la valeur sportive et pour ce qui concerne une « notoriété triathlétique », je pense que c’est normal dans le sens ou je n’ai pas encore claqué de grosse course, et il faut ajouter à cela le fait qu’il y ait du monde se bousculant au portillon.

 

Pour ce qui est des qualités pour réussir, j’espère que tu dis vrai. J’ai eu l’énorme chance de côtoyer durant ces dernières années des grands champions comme Bertrand Billard, Etienne Diemunsch, Vincent Luis, Mike Aigroz, Pierre Lecorre, Felix Duchamp ou encore Thomas André. J’ai pu les voir à l’œuvre dans leurs entrainements, dans leur gestion de la vie de tous les jours, ce qui fonctionne ou ne fonctionne pas pour eux, et à mon échelle, j’essaye de piocher des ingrédients de leurs succès en fonction de mon caractère, mes qualités et mes défauts. Et pour tout cela je leur en suis énormément reconnaissant car ce sont de super types qui n’ont volé aucune ligne de leurs palmarès.

 C’est pour cela aussi que je prends chaque résultat de manière assez relative car la normalité dans les groupes sportifs que j’ai côtoyé, c’était de gagner des titres et des courses internationales.

 

Pour ce qui est des moments durs (et pas forcément que les sportifs), il n’y a pas 36 solutions, soit tu te morfonds et ne fais rien et globalement la situation ne va pas s’améliorer. Soit tu fais au mieux avec la situation, tes capacités et tu vas de l’avant. Mais il ne faut jamais oublier que face à un supposé échec, les gens qui te sont proches seront toujours fiers et bienveillants quoi qu’il arrive.

 

Et le projet Ironman ?

 

On est déjà en plein dans le projet IRONMAN et l’envie est très grande, et cela depuis mes années jeunes.

 

Le plan avant de passer sur 70.3 était de valider certaines choses sur grand prix de D1 (sortir de l’eau groupe principal et se rapprocher des 20 km/h sur la course à pied), et ainsi avoir une certaine base pour espérer performer sur 70.3.

 

Le plan est un peu le même pour le passage entre le 70.3 et l’IM, je dois encore valider certaines choses (surtout en termes de réserve de puissance sur le vélo) avant de me lancer pleinement sur la distance reine.

 

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Pour finir, avec le recul que tu commences à avoir sur ta pratique, quel message pourrais tu donner aux jeunes souvent trop pressés qui voudraient se lancer dans un projet comme le tien ?

 

Difficile de ne pas faire quelque chose de « cliché » mais ne jamais rien lâcher, et toujours faire les choses avec passion et avec réflexion !