Extraits du très bon bouquin de Céline Alvarez, "les lois naturelles de l'enfant" livre principalement autour de l'apprentissage des enfants, de 2015, appuyé scientifiquement par les toutes dernières découvertes en neurosciences, mais avec beaucoup d'extraits et de rapprochement sur l'apprentissage chez l'adulte, beaucoup moins malléable dans l'apprentissage, mais pas du tout figé à partir du moment ou l'on est motivé ;) )

Apprentissage au sens large, devenir triathlète (ou coach) est un apprentissage (avec tout ce qui se rattache à la performance, sans chercher à "segmenter", toujours avoir une vision globale), très long, et sans fin (l'avantage du sans fin c'est qu'on peut toujours continuer de progresser chacun à son niveau, et le sentiment de toujours avoir l'impression d'évoluer quelque soit le projet dans lequel on s'investi est très motivant au quotidien...) avec toute la complexité que cela représente (ça c'est le job du coach de vous guider dans votre apprentissage chacun en fonction de votre stade de développement ;) mais on apprend aussi beaucoup des expériences des uns des autres

Donc quelques extraits :

" un être vivant qui ne se trompe pas n'apprend pas: il stagne au même niveau de connaissance" (conséquence en triathlon = même niveau de performance)

"apprendre, c'est se tromper, prendre conscience de notre prédiction erronée et la transformer"

"nous possédons tous à l'âge adulte ce mécanisme autonome d'apprentissage qui nous permet de constamment revoir nos connaissances à l'aune des petits chocs et parfois des grandes leçons que nous offre la vie. Néanmoins, contrairement aux enfants, il peut nous arriver de ne pas prendre en compte les contradictions observées entre nos modèles internes et la réalité pour ne pas remettre en question nos connaissances antérieures. C'est très regrettable, car ce manque de flexibilité nous fige souvent dans l'idéologie" 
(dogmes... et des dogmes autour de l'entrainement en triathlon, il y n'en manque pas actuellement...)

Sur les débriefing de courses, je trouve souvent :
"points positifs/ points négatifs"

C'est un jugement de valeurs, rien n'est négatif, ce sont des erreurs qui permettent de continuer d'apprendre et d'évoluer dans votre pratique de triathlètes (pour le sujet qui me concerne)
donc je préférerais lire :
A la place de "points positifs" : 
"ce que j'ai bien géré, que je commence à bien maîtriser"

A la place de "points négatifs"
"là où nous avons encore à apprendre mutuellement pour continuer de progresser..." (nous, mutuellement = l'athlète et votre coach)

A méditer ;)

 

UNE COURSE OBJECTIF C'EST QUOI :
Une course sur laquelle on a envie d'être très fort...
Une course où on cherche le "pic de forme de l'année" 
Quand je dis de l'année, on peut planifier en la jouant fine 2 voir 3 pics de forme sur une saison à rallonge, mais sachez que "construire" un pic de forme prend du temps et qu'on ne peut pas être au top niveau sur trop de courses dans l'année (2 à 3 à cibler donc, 3 si on espace bien dans la saison, par exemple le premier objectif en avril et le dernier en octobre voir novembre, mais 3 reste assez compliqué dans une pratique amateur avec des à côtés qui ne permettent pas forcément de récupérer très rapidement entre les objectifs prioritaires)

ON ARRIVE DONC SUR ALTERNANCE DE COURSES DE PREPA ET COURSE(S) OBJECTIF
Je vous en ai parlé cette saison, les courses de préparation restent importantes et font partie intégrante de la préparation du pic de forme futur...
Un half pour un IM objectif dans sa prépa reste une valeur sûre (un M peut être intéressant aussi), 
Un M pour un HIM objectif pareil, (ou un HIM aussi pour un autre HIM ;) )
Et si vous en avez envie, intégrer du trail et/ou de la course sur route ponctuellement dans l'hiver est une excellente préparation également

Dans ce cadre le système bien connu des "étoiles" pour constituer votre calendrier est un bon outil:
*** = course objectif (2, maxi 3 dans l'année)
** = course de préparation mais où l'on a quand même envie de se rassurer...
* = course de préparation pour le plaisir de prendre un dossard sans objectif de performance particulier, et pour faire une bonne séance au passage

objectifs

 

Se fixer des objectifs réalistes et atteignables est primordial pour l’épanouissement dans votre pratique. Rare sont les athlètes qui se fixent des objectifs trop bas, par contre l’enthousiasme et les rêves amènent parfois à s’en fixer de trop ambitieux. Dans ce cas, vous irez de désillusions en désillusions et le plaisir à pratiquer votre sport fétiche en pâtira. 

L’athlète ou le groupe d’athlète doit être au centre de toute réflexion : ses caractéristiques physiques, son passif sportif, sa psychologie, le milieu dans lequel il évolue (l’aspect social)…

Nous ne partons pas d’un plan préconçu qu’on appliquerait à tout le monde en se disant que ça marcherait pour certains et pas pour d’autres.

Le premier entretien avec un athlète est primordial, il permet d’établir la relation de confiance mais aussi d’apprendre à le connaitre.

Dans les questions que je pose sur ces premiers entretiens en vrac ;

  • Quel âge
  • Quel passif sportif
  • Le milieu familial (enfants, femmes…)
  • Quel travail et combien de temps est ce que c’est raisonnable pour pratiquer sans que cela n’impacte l’équilibre de vie
  • Quels sont les objectifs à court/ moyen/ long terme
  • L’hygiène de vie

L’équiilbre de vie est primordial à garder, pour une pratique saine et pour garder le plaisir qui est le moteur de toute performance.

L’athlète est souvent très enthousiaste voir trop, veut trop en faire, c’est le rôle du coach de lui expliquer que les moyens pour arriver à ses fins ne passent pas forcément par des volumes demesurés, j’ai un paquet d’athlètes ces dernières années autour de 9h sur Ironman qui s’entraine 12/15h les derniers mois de leur préparation.

Le maitre mot est la continuité, il vaut mieux réaliser 150 séances bien calibrées et sans blessure ou surfatigue qu'une séance de brute qui mette en péril l’intégrité physique et psychologique de l’athlète

Cela passe également par une éducation auprès de l’athlète, le coach est un guide mais aussi un éducateur, et l’apprentissage de la patience fait partie du méter

Je partage un échange d'il y a quelques saisons avec un athlète qui peut tous vous intéresser.

Je vous balance ma réponse telle quelle, pas un article très structuré, mais de quoi survoler le sujet et comprendre rapidement pourquoi vous pouvez continuer de progresser avec les années sans augmenter en permanence votre volume d'entrainement (et même parfois en le diminuant...)

(attention à ne pas lire entre les lignes je n'ai pas dit que le volume n'étais pas important pour perfer :) )

Partie du mail de l'athlète en question juste avant Vichy sur son IM de ce week end

"Pour ma part...mon job d'analyste m'a poussé à regarder un peu les chiffres de la prépa 2017 et pour être honnête j'espère que l'expérience va compenser les 35h qui me manquent sur la selle vs. 2016 ! :) "

Réponse du jour :

"tu ne repars pas à zéro après une coupure, et plus les années se cumulent plus c'est vrai,

le year-to-date (i.e. comme il le pratique dans son job d'analyste financier) à l'entrainement ça voudrait dire que tout ce qui a eu lieu avant un an au moment où tu t’entraînes ou tu fais une course n'existe plus

Je ne connais pas assez ton taff d'analyste financier pour pouvoir faire des parallèles, mais en ce qui concerne triathloner, c'est un apprentissage psychomoteur humain,
et ça s'instaure dans le temps, 
avec notamment le cout énergétique avec les circuits neuronaux (neurones moteurs qui activent les différentes contractions musculaires à l'effort) qui se mettent en place avec les années et deviennent de plus en plus efficients, l'étude la plus populaire là dessus (autour du coût énergétique comme facteur de performance en sport d'endurance) est celle de Paula Radcliff qui a fait ses 2h15 sur marathon l'année ou elle avait la plus petite VO2max de sa carrière (VO2 max qui est donc loin de tout faire)
tu demandes des sollicitations à ton corps, il y a des adaptations (métaboliques, enzymatiques, structurelles...) centrales et locales, mais il y a aussi derrière un schéma moteur qui se met en place et qui devient de plus en plus efficient,
tu es plus économe, tu vas vite plus longtemps, c'est ce qu'on cherche sur IM ;) (et sur les autres distances en tri aussi...) Des exemples là dessus j'en ai à la pelle

  •  « Jo, tu penses qu’il faut s’entrainer combien d’heures par semaine en moyenne pour pouvoir se qualifier à Kona en GA ? » > « ça dépend… »
  • « Jo, tu fais du polarisé dans ton entrainement ? » > « ça dépend… »
  • « Jo, tu es plutôt volume ou intensité ? » > « ça dépend… »

 

Le genre de réponses qui peuvent paraître frustrantes, mais on ne répond pas à ce genre de questions simplement.

Loin de moi l’idée de ne pas partager ce que je propose à mes athlètes, d’ailleurs la plupart partagent leurs entrainements en détails sur Strava, mais lorsque qu’il s’agit d’entrainement individuel, rien n’est simple.

Pourquoi ? Parce que nous sommes tous différents…

quelques notions avant les positions !

AVANT DE COMMENCER LE CIRCUIT

 

  • Ce circuit ne remplace en aucun cas une séance dans l’eau, c’est un complément.
  • Les mouvements réalisés sont proches de ceux réalisés lors de la phase de propulsion en crawl, les groupes musculaires sont identiques, mais vous enlevez tout le côté technique de la natation: sensations de prise d’appuis, coordination inter groupes musculaires…
  • LA PRIORITE EST MISE SUR LES EXERCICES DE STRETCHING, sans amplitude du mouvement, une bonne force musculaire sur le haut du corps ne servirait à rien….

classification profils athletes

 

La performance en triathlon ou pour tout sport d’endurance tient en trois concepts :

  • La VO2max qui est la quantité maximale d’énergie (la fameuse molécule d’ATP) sur un temps donné produite par le métabolisme aérobie (durée entre 5 et 8min), appelée aussi puissance maximale aérobie
  • L’endurance à % de VO2max, qui est la capacité à fournir une quantité d’energie sur un temps donné, appelée aussi endurance aérobie
  • Le cout énergétique qui est la manière d’utiliser de manière la plus efficiente possible cette énergie métabolique dans chaque discipline